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RENCONTRE DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE DU BURKINA FASO ET DU GHANA : COMMUNIQUE FINAL
Du 15 au 21 janvier 2006, les organisations de la société civile du Burkina Faso (CPF, ORCADE, ASY, UNPC-B, UNPR-B), du Ghana (MAPRONET, GAWU, ISODEC, PFAG) et leurs partenaires (Oxfam GB, Oxfam Intermon), avec la participation respective des ministères du Commerce, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et du NEPAD du Ghana et du ministère des Affaires étrangères et de l’Intégration régionale du Burkina Faso, ont tenu à Ouagadougou une rencontre financée par Oxfam GB afin de délibérer sur des les défis et les opportunités qui se présentent aux Etats de la CEDEAO dans leurs efforts d’intégration régionale et sur les négociations en cours concernant les Accords de Partenariat Economiques (APE), le Tarif Extérieur Commun (TEC) et à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
Nous soutenons les droits de nos pays et de la CEDEAO à entreprendre de façon autonome des politiques engagées sur la base des besoins pour le développement de nos Etats à court et à long terme, afin de satisfaire les Droits humains, sociaux et de subsistance de nos peuples. Nous rejetons toutes tentatives d’entrave à la souveraineté politique de nos pays. Par conséquent, nous déclarons :
LES ACCORDS DE PARTENARIAT ECONOMIQUES
Pour ce qui est des APE, nous soutenons la position des Ministres en charge du Commerce lors de la rencontre du Caire sur les négociations y relatives. Par conséquent, nous recommandons que :
Les négociations en cours sur les APE soient conformes à l’esprit et la lettre des accords de Cotonou et soient des instruments de développements et de réduction de la pauvreté. Nous voulons que l’accent soit mis sur la mise à disposition des ressources substantielles pour financer le renforcement des capacités d’approvisionnement, la diversification des infrastructures de développement, la compétitivité et l’ajustement des coûts au niveau des pays d’Afrique Caraïbe Pacifique (ACP).
Pour ce qui est des accords de négociation de l’OMC, nous soutenons la demande d’amendement de l’article XXIV du GATT pour retirer les exigences de réciprocité dans les accords commerciaux entre pays développés et pays en développement, par exemple entre les Etats ACP/CEDEAO et l’Union Européenne. Les négociations sur l’accès aux marchés dans le cadre des APE ne doivent être conclues qu’après l’amendement de cet article.
Les questions sur l’investissement, les règles de concurrence et la transparence dans les marchés publics doivent être éliminées des négociations APE et doivent rester en dehors du plan de travail de Doha de l’OMC.
La CEDEAO doit retarder le démarrage des négociations APE jusqu’à ce que des évaluations complètes d’impact des différents pays soient soumises et prises en compte dans sa position de négociation. La sous région doit aussi harmoniser le niveau de progrès avec les autres unions régionales ACP tel que recommandé par l’Union Africaine.
La CEDEAO, en tant qu’organe régional de négociation doit être renforcé techniquement tout comme la capacité des négociateurs.
Vu la certitude de l’impact négatif de la Politique Agricole Commune (PAC) de l’Union Européenne (UE), et des subventions à l’agriculture, sur le commerce agricole entre l’UE et les pays ACP, nous recommandons vivement que cette question soit bien considéré au sein des Etats afin d’éliminer toutes formes de distorsions dans le commerce agricole avec l’UE.
Nous reconnaissons que la réduction des tarifs des produits industriels a tendance à ralentir le développement industriel de la CEDEAO, étant donné qu’elle engendrera le retrait de la politique tarifaire, un outil important de développement. Ce sujet doit être vu de plus près, afin de s’assurer que la zone ne s’étouffe pas dans sa tentative de développement industriel.
Vu l’importance du secteur des services dans le développement socio-économique de nos pays et ses implications directes sur la réduction des inégalités, nous avons remarqué qu’une libéralisation poussée de nos services peut tend à mettre en danger ce même objectif. Les négociations menées dans le secteur des services doivent pleinement prendre en compte tous ces résultats probants tout en recherchant des accords sur les services fournis par des personnes physiques, vu que c’est le seul secteur dans lequel la CEDEAO peut compétir.
INTEGRATION REGIONALE
LE TARIF EXTERIEUR COMMUN
Les négociations relatives au TEC doivent s’imprégner des préoccupations des pays membres en ce qui concerne les recettes douanières, l’emploi, la protection des industries et si possible les intégrer dans le TEC qui sera adopté. Il devra y avoir une possibilité d’ajustement afin de se pencher sur les besoins de développement des pays membres.
Nous remercions le Gouvernement burkinabé et tous les partenaires pour leur collaboration effective
Fait à Ouagadougou (Burkina Faso) le 20 janvier 2006
Ont signé tous les participants / partenaires
Les organisations de la société civile Les organisations de la société civile
du Burkina Faso du Ghana
CPF MAPRONET
ORCADE GAWU
UNPC-B ISODEC
UNPR-B PFAG
ASY
Les partenaires
Oxfam Grande Bretagne, Oxfam Intermon
Les ministères
Burkina FasoGhana
Ministère des Affaires étrangères et Ministère du Commerce
de l’Intégration régionale Ministère de l’Intérieur
Ministère des Affaires étrangères et du NEPAD